Vivent les formats ouverts!

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Après la Journée de Libération des Documents, il convient de continuer le combat.

Pour commencer, il n'est pas inutile d'expliquer ce qu'on entend par «format» et par «ouvert».

Qu'est-ce qu'un format ouvert ?

Tout document, que ce soit du texte, du son, de la vidéo, une image, une photo, est un fichier constitué d'un format qui est fait avec du code. Le format est une manière d'organiser les données propres à un type de fichier. Il est facile de comprendre qu'une photo et un texte sont des données de types différents.

Un fichier texte a un format différent d'un fichier audio qui se reconnaît facilement par son extension : le fichier blabla.txt est du texte simple, son extension est .txt. Le fichier blabla.ogg est de l'audio ou de la vidéo, son extension est .ogg.

Le nom d'un format est donc l'extension que l'on écrit alors sans le point et en majuscule : TXT, OGG.

Sauf que sous GNU/Linux, nous n'avons pas besoin de rajouter l'extension à un fichier. Le système s'y retrouve très bien. Voyez GNU/Linux se fiche des extensions de fichier !

Formats fermés

Il existe de nombreux formats fermés dépendants d'applications propriétaires. Exemple : les formats de bureautique de Micro$oft comme DOC et le dernier en date OOXML qui n'est ni ouvert, ni XML, ni conforme : NoOOXML!

Formats semi-fermés

Il existe des formats propriétaires dont le code est plus ou moins accessible comme le format PDF. Il appartient à Adobe mais des applications libres arrivent à l'intégrer avec succès. Ainsi, pour lire des fichiers PDF sous GNU/Linux, nous n'avons pas du tout besoin d'acrobat reader, le logiciel propriétaire (gratuit) d'Adobe ; nous avons Evince par défaut sous Gnome, et autrement XPDF est excellent.

Formats ouverts, à nous !

C'est des formats ouverts comme ceux d'OpenOffice.org (ODF), dont nous avons besoin :

  • Ils sont sans brevets
  • Leur code est ouvert à tous
  • Ils ne dépendent pas d'un logiciel ni d'une entreprise
  • Tout logiciel peut les intégrer

OpenOffice.org n'est pas propriétaire de ses formats qui sont une norme ISO depuis 2006. D'autres logiciels les ont déjà intégrés et rien n'empêche M$ de faire de même au lieu d'imposer son format OOXML lamentable.

Un format ouvert signifie l'indépendance par rapport à un logiciel. Il vous laisse le choix du logiciel. Par exemple, vous pouvez écrire un texte mis en forme avec des logiciels libres comme LibreOffice, OpenOffice.org,ou Abiword ou même avec des applications propriétaires comme Google Docs ou IBM Lotus Symphony.

Avec réticence et dégoût, M$ a fait une intégration lamentable du format ouvert ODF dans sa suite bureautique. Heureusement, ce sont d'autres gens qui ont fait un greffon qui marche bien mieux et M$ s'est contenté d'en financer le développement.
C'est dire que même M$ s'aperçoit qu'il ne peut plus ignorer le format ouvert ODF.

Formats ouverts pour la pérennité des documents

Les formats ouverts sont la seule garantie pour que les documents restent accessibles et lisibles dans la durée.

Un format fermé dépend de son propriétaire qui est souvent propriétaire du logiciel qui produit ce format de fichier. Si ce logiciel change de format ou n'est plus développé, vos documents ne seront plus lisibles.

M$ produit une nouvelle version de sa suite bureautique avec un nouveau format. Si vous enregistrez votre document sous ce nouveau format, votre correspondant ne pourra pas le lire s'il n'achète pas la licence du nouveau logiciel de M$.

Il arrivera enfin un jour où vous-mêmes ne pourrez plus lire vos anciens documents en format fermé. Tout simplement parce que le propriétaire de votre logiciel aura décidé de ne plus s'occuper des vieux formats qu'il avait pourtant produits lui-même, de son plein gré.

Les administrations ou les collectivités ou les entreprises qui ne choisissent pas les formats ouverts se confronteront un de ces jours à la disparition de fait de leurs documents. Un document illisible est un document perdu.

Heureusement, un logiciel libre comme LibreOffice, qui est une branche dérivée d'OpenOffice.org libéré d'Oracle) et qui utilise le format ouvert ODF, ou encore Abiword, permettent de lire ces documents anciens et de les convertir en formats ouverts.

Diversité des formats ouverts

goelette des formats ouverts

Cette «Goëlette des Formats Ouverts», affiche que miloune et moi avons faites pour la Journée de Libération des Documents (26 mars 2008) / Document Freedom Day, vous donne un aperçu de la diversité des formats ouverts. L'affiche à sa taille réelle est sur Libres-Ailé(e)s : Affiches pour la Journée de Libération des Documents.

Retenez au moins ceci :

  • En format audio, OGG est ouvert et bien supérieur à MP3,
  • FLAC est un format qui compresse les données musicales mais n'altère pas le son, c'est donc un format de compression audio sans perte de qualité,
  • En format d'image, PNG est bien mieux que JPG car il compresse sans perte de qualité mais il produit des fichiers plus lourds.
  • En bureautique, les formats ouverts ODF sont à privilégier : 
    • ODT pour les documents issus d'un traitement de texte
    • ODS pour les documents issus d'un tableur.

Cette affiche est au format PNG, ce qui vous permet des réduire sa taille sans perte de qualité. Nous l'avons faite avec OpenOffice.org Draw, module de dessin vectoriel. De là, un clic suffit à convertir l'image au format ouvert ODG en un autre format ouvert PNG.