Bassel est mort

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Bassel Khartabil Wikimedia Nous n’avions plus de nouvelles de Bassel Khartabil, qui, emprisonné depuis 2012 dans la prison Adra (Damas), après avoir été arrêté et torturé, avait été transféré début octobre 2015 vers une destination inconnue.

Sa femme vient d’apprendre, aux environ du 1er août (2017), qu’il a été exécuté quelques jours après son transfert.

Bassel Khartabil était un Syrien très actif dans le logiciel libre (Firefox) et dans la culture libre (en particulier la licence libre Creative Commons). Il a été jeté en prison et exécuté pour cette liberté d’esprit.

Pendant son emprisonnement à Adra, il a pu communiquer un peu avec sa famille et ses amis. Il a compris que le code libre est un moyen de libération sociale et politique et donc une menace pour un régime totalitaire.

Dans une lettre à un ami de l’EFF (Electronic Frontier Foundation), Bassel a écrit ceci (traduction non littérale) :

D’après mon expérience de 3 ans d’emprisonnement à ce jour, pour avoir écrit du code libre (principalement), je peux dire que les régimes totalitaires ressentent très fortement les dangers de la technologie pour leur pérennité. Et ils ont raison d’avoir peur car le code, c’est bien plus que des outils. C’est une éducation qui ouvrent l’esprit des gens encore jeunes et qui fait avancer les nations. Qui peut arrêter ça? Personne…
Je suis en prison mais il y a encore des milliers, sinon des millions dehors qui ont mes mains et mon esprit, qui écrivent du code et qui bidouillent et ils continueront toujours à le faire, quelque soient les mesures idiotes que prennent ces régimes pour arrêter le mouvement.

Tant que vous tous dehors, vous faites ce que vous faites, mon âme est libre. La prison n’est qu’une entrave physique temporaire. — Texte en anglais sur le site de l’EFF : Bassel Khartabil, In Memoriam

Si vous n’aviez pas entendu parler de Bassel, vous pouvez lire l’article de Wikipédia et le billet de Framablog : #FREEBASSEL Lettre de soutien au syrien Bassel Khartabil (traduction de la lettre originale).
Pour ceux qui lisent l’anglais, voici le recueil publié début novembre 2015, qui rassemble des textes rédigés par plus de 40 personnes proches de Bassel : The Cost of Freedom: A Collective Inquiry. J’avais commencé à le lire, il y a quelques temps, après avoir vainement cherché des nouvelles de Bassel.

Les prisons syriennes et les « disparus » ont fait l’objet d’un documentaire d’Arte qu’il a été possible de télécharger grâce à Qarte.

L’œuvre de Bassel Khartabil continue :

  • à travers le projet de reconstruction de Palmyre en 3D qu’il avait lancé (avant la destruction par les daechs).
  • à travers le “Bassel Khartabil Memorial Fund” mis en place par Creative Commons, à la demande de la famille de Bassel. Ce fond est destiné à soutenir la culture libre et leurs communautés dans les pays arabes.
  • à travers les gens qui font du code libre, contribuent aux logiciels libres et à la culture libre, à l’ouverture et au partage de la culture et des connaissances, dans le monde entier.